DÉSORMAIS MON BLOG CHANGE D'ADRESSE : IL EST LÀ

VENDREDI//ASCENCEUR ÉMOTIONNEL

Nous partons à la splendide gare de l'est reconduire qui•vous•savez, en passant par les rues immondes du dix huitième arrondissement pleines de boutique louches de portables GSM Afrique, déblocage à 3€ et que sais•je encore. Bon après de déchirants adieux, je saute dans un métro, je descends chez Repetto, d'inutiles battements de cils, je suis tombé sur une salope de chinoise qui justement n'en avait pas et qui ne parlait pas la même langue que moi…Grrrr. Je repars hébété dans le métro et là qui monte ? une fashion pétasse made in 75008 (©Clé) avec Wayfarers blanches, sacs FAUCHON et Ladurée, ballerines repetto et short de pute découpé au laser, avec comble de l'injustice un sac CHANEL énorme et pas très beau (et si ça existe). Je rentre. L'après•midi, je passe en mode débriefing.
escale
dans les dédales
d'un centre commercial
je fuis
au hasard
des couloirs
je paresse
mes yeux
sur les filles
qui passent
voilà une amie vague de seconde
gentille et bien roulée
sans grand intérêt
mais mon dieu
que son amie est belle
elle a un slim noir
des chaussures parfaites
et en haut
du vert
mais mon dieu
serait ce kate moss
c'est bien meilleur
clé
j'ai croisé clé
dans les pas de mes parents
qui m'interdisaient
tout écart géographique
malheur
je prétexte
une fugue
je cours
horreur
je suis perdu
je dus prendre le bus et rentrer chez moi
ou les truculentes vies virtuelles sont en suspens





QUAND VIENT LA FIN DE L'ÉTÉ

Voilà nous allons ma mère et moi reconduire avec joie l'Allemande dans son train, je n'en pouvais plus, je l'ai foudroyé du regard alors qu'elle me caressait du sien, je ne supporte pas ça, et puis mon père m'a dit de prévenir mes correspondants de mon sort futur estudiantin (OUI.) incompatible avec la frénésie épistolaire qui rythme mes journées, et puis je ne veux pas aller en hk je ne pourrais toujours pas lire à l'ombre des jeunes filles en fleurs, je dois me farcir René Rémond et ça me gonfle prodigieusement, vivement l'été prochain où j'irais à Londres et qui sait peut être un jour chez PAUL&JOE.

P.S.: J'ai amélioré mon myspace.

BACK

un dégénéré
a scalpé
Clé
quid de la coiffure mythique

L'ÉTÉ HOMOSEXUEL

Tout a commencé avec cette après-midi de rêve, ou plutôt avec le retour de celle-ci à une dure réalité qui est celle à laquelle mon âge me force de subir, la vie quotidienne et familiale, avec entre autres ma sœur, qui m’a fait part de son avis sur mes amies comme se plaît à insister ma mère. Clé ressemble à une morte (ce qui est tout à fait baudelairien soit dit en passant) et ne dit mot. Et non elle ne dit mot aux gens qui n’en valent pas la peine. C’est tout. Nous sommes ensuite parti vers le bout du monde, Cury, la maison de ma mère grand, où le téléphone était coupé, sans doute parce que le fermier faisait sécher son linge sur la ligne…Nous nous rendons à la messe, bien qu’A. soit protestante elle nous accompagne mais mon Dieu quand me lâchera-t-elle et voilà que le prêtre rentre et je jette un bref coup d’œil à l’assemblée : moyenne d’âge soixante quinze ans au mieux, trois hommes dont moi. Heureusement en rentrant j’apprends que mes parents oncles et tantes s’en vont à un méchoui à deux cents kilomètres de là, et que donc c’est Lord E. qui accomplit son rôle de gendre idéal en faisant une délicieuse côte de bœuf au barbecue. On est resté ahuris jusqu’à onze heures du soir à écouter les bruits de la campagne.

C’est seulement après que j’ai découvert BonneMaman en très très grande forme. Il y a eu les quatre scarabées échangistes qui tombaient du tilleul dans le feu de l’action, les escargots qui se mariaient, mes chaussures qu’elle trouvait un peu homo (sic) bien que superbes, un petit-déjeuner mémorable où elle n’a pris qu’un oignon cru, et puis sa conversation avec l’Allemande. Un soir elle lui a chanté une vieille chanson de 1940 qui dit vous savez ‘ La nuit venue tous les hommes sont seuls ’ mais heureusement l’accent allemand de BonneMaman a empêché un pugilat intergénérationnel et multi kulti. Elle allait encore mieux quand elle a appris que ma taupine de sœur intégrait l’école de ses rêves, elle m’a alors dit Il faut boire beaucoup ! car BonneMaman a dans cette maison de campagne paumée des verres à porto, à liqueur, à whisky, des cendriers, mais pas de grille-pain…Elle m’a d’ailleurs confié tu sais le bruit des glaçons dans le verre de whisky ça me fait la même chose que Mozart. Ensuite elle a été grandiose un soir glorieux et tranquille tout à fait cléïen comme je les aime où elle m’a dit tu sais ch. j’aime beaucoup les nuages d’ailleurs toi qui est poète tu devrais les aimer aussi. Parfaite. Alors elle m’a parlé de Verlaine, elle connaît Green par cœur, on a aussi parlé de Rousseau, mais attention en tant que romancier et non philosophe ni autobiographe, elle m’a avoué ses expériences de spiritisme quand elle avait mon âge, l’esprit s’appelait Lipoto, et puis elle m’a dit combien elle aimait le porto aussi.

Il y a eu un grand moment quand nous sommes allés au Petit poucet, qui est un restaurant d’altitude (442 mètres au-dessus de la mer) qui ne propose pas de menu et où tout est fait maison. BonneMaman a horreur de ce resto. Déjà quand elle arrive elle dit avec autorité au gérant euh dites moi vous allez couper cette musique là parce que c’est assez pénible. La dite musique, c’est un peu comme Joe Dassin, mais en pire, vous savez, des disques de guinguette chantés par des paysans à l’avenir perdu d’avance. Là elle s’est retenu, et s’est contentée de se remaquiller (CH et YSL) pour montrer son impatience, après avoir râlé sur la table qu’on nous avait attribuée. Bien sûr elle a demandé trois fois tout et son contraire pour surveiller sa ligne d’une part et rendre fou le gérant d’autre part. Elle m’a dit oui je parle toujours à mes femmes de ménage le dos tourné parce qu’elles sont trop moches mais là malheureusement je ne peux pas. Extraordinaire. Il y a aussi eu le dialogue savoureux sur la musique entre ma mère et la sienne, BonneMaman :
— Ah c’est Piaf !
— Cette pauvre femme folle…
— Non je dis « C’est Piaf ! »
— Oui oui c’est bien ce que je dis !


Et puis aussi quand elle m’a parlé d’A. dansant la valse ah oui elle doit bien danser les grosses personnes dansent bien tu comprend elles tournent comme des toupies un peu tu vois ? ou encore quand on lui a apporté un cornet de glace et qu’elle s’est écrié mais je ne peux pas lécher !.

Le lendemain on a débattu, dès le petit-déjeuner, sur Proust vs. Shakespeare, et moi qui accuse Shakespeare d’être vicieux et là BM me dit ha non parce que dans Shakespeare un bon viol un bon coup (sic !) c’est pas vicieux tandis que Proust il tourne autour du pot, il pédale dans la semoule, et en avant !


J’ai oublié le reste, elle en dit tellement, et j’ai la flemme de mettre des photos de mes vacances sur ce blog vous n’avez qu’à regarder l’album sur facebook qui correspond à cet article.

UN RÊVE ÉVEILLÉ — DERNIER MESSAGE SANS DOUTE

Je prends le vieux train, et il y a eu un terrrrible malentendu, du coup on a du se retrouver sur le quai, le temps de voir la parfaite Clé, qui je dois le reconnaître s'est surpassée d'élégance. Les présentations faites, nous nous dirigeons dans cet ignoble couloir de la gestapo désormais célèbre grâce à Pierre, et nous descendons voir l'exposition. Sur Grace. Il y avait des belles choses, mais aussi des moches, et ce n'était pas très bien organisé, mais il y avait Clé. On sort direction ND, où elle n'était pas. Petit topo éclair, sandwich dégoulinant, square, chuchotements et coups d'œil inquisiteurs sur mes chausses. On continue, direction le bus, celui qui remplace le mythique rer ©, et on arrive à la tour eiffel, dame d'acier etc. On repart après deux photos, direction le 6, puis le 10, avec des enfants à encastrer dans le mur, c'était la lutte des classes avec Clé qui regardait de très très haut ces jeunes morveux tel un chat regardant dédaigneusement les fourmis qui passent devant ses escarpins. On arrive enfin à SGP, près de chez Gui, et on trouve Ladurée. C'est là que mon rêve commence. Je suis à Paris, dans le sixième, chez Ladurée, avec Clé à environ douze centimètres. Un talon. J'ai pris des macarons parce que j'avais lestomac coupé de timidité (à ce point et non ce n'était ni l'antimites ni les aphtes…) que c'en était ridicule, et puis après on a pris le météor, un type avait un orgasme et se cramponnait, les yeux convulsés, ahanant et jurant dans sa barbe éthylique et patriarcale. Et puis voilà, le rêve a pris fin, mais il était parfait, intense et bref, un peu encombré sans doute, mais en rentrant, ma mère a failli pleurer en voyant le trou dans mon zizi droit.

APRÈS MIDI PARISIENNE, CORDONNIÈRE, BLEUE, CHOQUANTE.


Ma mère repasse le balai sur la même demi•dalle depuis maintenant un quart d'heure, espérant repousser notre départ douloureux. Alors là on va à Paris c'est ça ? me demande•t•elle d'une voix inquisitrice. Et bien oui, nous y allons, direction rue de la P. On rentre dans la boutique, j'enlève fièrement mes gros mocassins de versaillais devant le vendeur (gay) qui me dit ah oui il va vous falloir un modèle femme. Maman manque de s'évanouir. Elles existaient en vert, mais j'ai déjà du vert n'est ce pas, alors j'ai pris bleu, vernies. Ma sœur pense que je décrocherai bientôt un job chez Willie Wonka, ma mère s'y habitue, mon père n'a pas été choqué plus que ça, parce que lui les fringues il s'en tape royalement, surtout sur des mecs.

En rentrant de Paris, il y avait ma sœur (la scientifique) qui finissait Titanic et bin c'est vraiment de la merde. Heureusement le soir avec Papa on a regardé Angel de Lubitsch avec Marlene Dietrich aux sourcils épilés et c'est bien dommage. À part les décors et les effets spéciaux, ce film est d'une rare élégance et ça me fait penser que vous (Clé+DdG) devez impérativement regarder Some Like it Hot pendant ces vacances parce que dans le genre grosse lacune culturelle c'est un peu ce qui se fait de mieux je pense, c'est comme si vous aviez pas lu l'Invitation au voyage, si vous n'aviez pas vu La Joconde (du nom de son commanditaire, Fransesco di Bartolomeo del Zanobiiii di Jocondo ! Peinture au jaune d'œuf sur 1,73cm de bois de peuplier…les autres comprendront) ni la Tour Eiffel, vous voyez ce que je veux dire.

MERCREDI

La Duchesse de Guermantes a créé une page sur Facebook unbelievable but true, a créé un nouvel album, au début il y a des photos qui laissent deviner la trace indélébile qu'a laissé Psycho dans son esprit : des manoirs haut perchés, des animaux empaillés…et puis après il y a une chaussure d'homme avec le bracelet rouge qu'elle avait le sept mai (ça aussi ça m'a marqué) et puis après il y a du IKB magnifique avec le noir cléïen…Merci aux deux.

Hier ma mère m'a appris que lorsqu'elle m'attendait, puisque telle est l'expression consacrée, elle lisait Lucien Leuwen. Tout s'explique. C'est de Stendhal, pour les ignares ou les poètes. Et cela explique donc mon défaut stendhalien d'écrire avec un style pénible des pages durant sur MOÂ, MOI MWA et MOI, car Stendhal ne parle que de lui, et en plus Lucien Leuwen c'est un pavé qui n'est qu'ellipses temporelles m'a•t•on dit que rien n'est rangé tout est en bordel. Donc si je ne range pas ma chambre, c'est à cause de ma mère. Quod erat demonstrandum (oulà il va falloir que je fasse du latin sans tricher pendant un an on va bien rire hein ouais ouais ouais ouais…)