Messieurs,
demain je voulais flâner en poète, mais votre égoïsme est plus fort que le mien. Qu'à cela ne tienne, je me vengerai. Et puisque vous êtes imbéciles et inférieurs à mon androgyne Altesse Czarine, j'emploierai les mêmes moyens de communications que les vôtres, sur l'efficacité desquels vous vous reposez tranquillement depuis leur invention en sainte Russie, sous la dictature de Jo. Je veux parler de la prise en otage d'individus libres. Lorsque j'aurai tristement atteint ma majorité, je fais donc le serment de vous emmerder le plus profondément que me le permettra le pinceau carré que j'aurai acheté à cet effet au Bazar de l'Hôtel de Ville de Paris. Par exemple, je deviendrai Directeur de […] de la Sécurité Sociale, et je veillerai personnellement à ce que votre merdeuse personne ne soit jamais remboursée. Ainsi, vous vivrez l'expérience jouissive d'un citoyen honnête, oublié par l'administration, les services publics, et tout ce qui fait de certains — que je méprise, mais moins que vous — la fierté, celle d'avoir les droits d'un qui rend ses devoirs.
Je vous prie donc non pas d'agréer quoique ce soit, mais de m'offrir un chauffeur, ainsi qu'une Silver Ghost 1910 pour me rendre où bon me semble.
CH
SUR LA GRÈVE DE CES MESSIEURS DE LA SOCIÉTÉ NATIONALE DES CHEMINS DE FER
NOSTALGIE — MESSAGE INTIME — O.V.N.I.
À l'heure des désirs d'été de lecture (six livres en attente sans compter Les Enfants Terribles et l'intégrale de l'aéré…) j'étais pris ce matin d'une nostalgie terrible. Je sortais de la messe en bon Versaillais que je m'efforce de ne pas être, où j'avais vu tout le monde à dix sept ans. Je voyais les vieux avec les sonotones, les vieilles avec leur vison, les jeunes pères de famille avec leurs blondinet(te)s, coiffées, rasés, parfumés…je voyais tous ces gens à dix sept ans, avec leur rêve de dix sept ans et leur espoir. Peut-être me disais•je en regardant un vieux couple, qu'elle était la plus belle fille de son lycée, et qu'il n'avait obtenu sa main qu'après une cour acharnée et vaine — en tout cas elle ne l'avait pas été...Et puis je sortis, avec mes gants de Madame Bovary, slalomant entre les scouts qui vendaient des gâteaux au chocolat. Je sortais, emmitouflé dans ma pelisse de pervers sexuel (©Pichou désolé Duchesse et tous ceux qui le haïssent et l'ignorent avec des ±bonnes raisons), précédé de ma respiration révélée par l'atmosphère hostile et glaciale. Alors je me suis vu un dimanche du joli mois de mai, dans le Sud Ouest de ma France chérie, les mollets à l'air, exhibant fièrement mes socquettes (car j'ai une thèse comme quoi les enfants sont fiers de porter des socquettes…) et jouant dans l'Azur et les feuilles, seul, méprisant les Versaillais de l'époque (il y en avait c'était une ville de garnison) et puis nous rentrions pour ne pas travailler on déjeunait en plein soleil sous la treille verte verte verte et la terrasse était jaune et secrète alors après mes parents faisaient la sieste et moi j'errai déjà dans le soleil de mon front blond dans les feuilles et puis après mon front il y avait le sable et la plage qui m'entourait de ses bras jaunes et bleu marine. Il y avait la liberté le soir et les après midi tout le temps. Mais, je ne comprenais pas Gui.
IL FAIT BEAU
je me suis vu là-bas
quand j'avais empreint le futur
et je me disais
un jour il faudra que je meure
alors
le monde orra mon triomphe

