DÉSORMAIS MON BLOG CHANGE D'ADRESSE : IL EST LÀ

DEVENIR GRIS

grâce à toi Constance
hier un poète est né
c'était imminent depuis le sacre du czar
et depuis
je suis né
car nous vécûmes hier un rêve
une espèce de
dolce vita diurne et magique
nous errions seuls dans les rues au petit matin de janvier clair
nous avions un musée pour nous
où nous nous perdîmes
il y avait Corot, Gui et la jolie dame sur le tableau
le jardin
la librairie
et puis la neige
tu me racontais des histoires qui n'arrivent que dans les films italiens que je chéris
courir dans la cour carrée
pour échapper en vain à la plèbe
parler de paris
The Left Bank of the Seine is traditionnally associated with the arts (especially literature) and with a somewhat Bohemian lifestyle
et bien nous l'atteignîmes ce fameux Bohemian lifestyle
nous y étions
enfin
en allant au hasard du Marais
dans des cours étranges et fermées
humer la cuisine suédoise
et regarder les chaises assoupies à l'envers sur les tables du café de sévigné
près des jardins publics
que personne ne fréquente
le soleil n'était là que pour nous
et nous allions où nous voulions aller
c'était le début de ma vie poétique
on the Right Bank
what a shame

À SAVOIR

En France, plus un Ministère est important, plus le Ministre est dangereux.

CES VACANCES QUE NOUS NE RACONTERONS À PERSONNE

Dans le train inéluctable étaient du velours vert, des candélabres instables qui rythmaient l'élégant dîner. Nous voguions vers Venise sur des rails élastiques et mélodiques. Car le temps là-bas ne se mesurait pas, par courtoisie envers les poètes. Nous arrivâmes donc à une heure fictive, que personne ne savait et ne voulait savoir. Après s'être installé doucement dans l'hôtel secret, nous errâmes dans une obscurité toute urbaine, entrecoupée de quelques lampadaires irréguliers, vers les ponts inconnus et déserts. Seules nous suivaient ta fragrance et l'immense et molle volute de fumée qui fuyait paresseusement la cigarette que tu n'avais peut-être jamais allumée. Il fallait avant tout ignorer les desseins inutiles et vains. L'errance suffisait à notre futur. Il faudrait cependant rentrer à un moment, diriger lentement l'errance nocturne de l'été bleu marine vers l'hôtel invisible, y rentrer malgré le jour naissant, qui ne manquerait pas de peigner le Soleil ébouriffé des volets de bois clair et nu. S'ensuiveraient alors au matin tièdes et prometteur des souvenirs de trottoirs doux et chauds comme de la cendre, sur lesquels tu t'asseyais le temps de penser avec un chat aléatoire toujours et beau. Puis, les images de la nuit que nous n'aurions justement pas passée, avec ses mystères indépendants. Le surlendemain, nous serons déjà rentrés à Paris, dans un hôtel particulier abandonné. Nous ne vivrons qu'aux matins clairs et cinglants de l'hiver pur agonisant dans les derniers flocons que le Soleil lentement boira. Les rues seront aussi désertes qu'à Venise. Mais, nous aurons le temps d'errer tout doucement. Les arbres nus alterneront avec les porches lourds de gloire, en bois magnifique, qui cachent des cours qui n'appartiennent qu'à nous, poètes.

MERVEILLEUSE TÉLÉVISION

Les députés et divers Ministres des Affaires Étrangères demandent au Proche•Orient une trêve pour le réveillon. Pourquoi ? Pour qu'ils puissent réveillonner la conscience tranquille et le Blackberry débranché. Tout le monde veut savoir qui est le père de l'enfant de la Garde des Sots de la République de la France de l'Europe du monde du complément du nom. ON S'EN FOUT ROYALEMENT SI ELLE VEUT FAIRE LE TROTTOIR ET PARRAINER UN ENFANT DU MÉKONG C'EST SON PROBLÈME ET PAS LE NÔTRE !! Un homme est mort parce qu'il n'avait pas de lit d'hôpital. On s'en fout, il aurait guéri de toute façon. C'est pas une raison. Et puis n'oublions pas les rescapés de la route (sic).

MERVEILLEUSE S.N.C.F. — JE NE RÉSISTE PAS !!

NOËL HUIT

Le long de la route il y avait des choses qui fuyaient surréalistes et molles. Et puis aux balcons aux fenêtres et aux balustres il y avait des pères noël dépressifs qui se suicidaient il y avait les pendus les kamikazes de toutes les sortes. À l'arrivée était Bonne•Maman hilare dans un parfait tailleur bleu klein. Ensuite arrivèrent les cousins, prémices de la smallah. Nous pûmes regarder la télévision, qui en période de Noël atteint des sommets de bêtise. Non pas que l'on nous propose pléthore de bêtisiers, non, bien au contraire, ces émissions cruelles qui se repaissent du spectacle du malheur des autres sur fond de rires bovins ne sont rien comparées aux émissions de téléréalités sur Comment devenir un bon maître d'hôtel qui sont de loin les plus drôles. Après, il fallut aller en éclaireur au supermarché. Il y avait des gens immondes, une musique insupportable, et mes zizis me manquaient terriblement. Heureusement, j'avais mes gants flaubertiens pour survivre. J'avais des envies de meurtre. En feuilletant la presse féminine qui m'est si chère, je vis une cravate Hermès accueillant dans ses plis soyeux un préservatif scandale abhorré et facile. Le matin de la Nativité, à une heure du matin, il est né le petit tsar. J'ai découvert Into the Wild c'est un immense câlin visuel de Sean Penn, merveilleusement filmé, même si l'histoire est déprimante et prévisible et même pourquoi pas un peu bête. Extraordinaire bénédicité de Bonne•Maman Procurez du pain à ceux qui n'en ont pas et euh…une chaise pour mes fesses. Ensuite il y a eu le poker et le White Russian avec Naomi en dessous de verre ô sacrilège. I want to go je ne sais pas où. Il y a eu les soutien•gorge sans manches les stalactites dans les couloir de la Gestapo à l'Opium l'ascenceur interdit aux sourds mon narcissisme immense qui amusait tant le très cher Herr et puis enfin les symboles phalliques avec Lana Turner.

CUL(TURE) À NOËL

Alors que je m'apprête à fêter tristement l'anniversaire du départ de Monsieur Poirier, je repense avec haine à Noël. À cause notamment de l'ignoble petit père Noël des peuples que je vis place de S•Sulpice et qui se trouve sur cette même page bleue désormais bien visitée un peu plus bas. Et je vais émasculer ce que les gens nomment culture.

Nous n'échapperons pas aux énièmes bêtisiers qui ne font rire personne, aux soirées faussement débauchées, aux films éternels Autant en emporte le vent le père noël est une ordure la grande vadrouille qui chaque année passent sur ces mêmes chaînes débiles. C'est le noël des petites gens. Pour moi Noël c'est le très cher Herr qui joue à FIFA 99 dans le fumoir c'est la bûche mythique c'est la messe fraîche propre et parfumée d'encens avec les royal zinzins.

Nous n'échapperons pas aux vœux du Président — aurons•nous ceux de sa moitié ?

Nous n'échapperons pas au film idiot qui suit la tendance actuelle — l'évasion avec une blondasse américaine sus•émasculée sur cette même page et son nouveau substitut phallique (qui rentre en vigueur —c'est le cas de le dire mais que vous avez l'esprit mal tourné chers lectrices et teurs !— au même moment que la sortie du film…et non de ce prédécesseur et j'arrête là les connotations douteuses). Le film s'appelle Australia. Fuyons la crise et le froid, allons nous évader on sauvera la planète, débranchons ces guirlandes électriques, ne prenons que le strict nécessaire (et nos BlackBerry® et notre N°5) et allons organiser des bacchanales américaines. Oublions l'affreux américain qui détourna des milliards de dollars pour ne pas réaliser les rêves des autres pourtant plus beaux que les siens. Évadons•nous loin —mais sur notre planète viciée, seuls, avec nos caméras et nos maquilleurs, allons caresser les rhinocéros avant de les tanner pour des birkins improbables, n'oublions pas de garder la corne, il paraît qu'en cas de divorce c'est un terrifiant substitut. Allons courir dans la savane avec des baskets fabriquées par des afghans violés et sous•nourris par des ougandais — ou l'inverse.

Je hais ce noël.