DÉSORMAIS MON BLOG CHANGE D'ADRESSE : IL EST LÀ

MES CHAUSSURES, ENCORE ET TOUJOURS

Alors que je rentrais dans le bus plébéïen de ma condition de préparationnaire à visage humain, une femme monta, que je ne devrais pas si généreusement qualifier de femme car, bien que son appartenance au sexe féminin soit évidente, elle y appartenait plus car il était faible et non beau. Kate Moss et Clé sont du beau sexe, elle, du sexe faible. Bref. Elle monte donc avec ses hardes de kossovarde qu'elle trouve sans doute très recherchées et harmonieuses, jetant un indiscret regard sur mes zizis et faisant un signe du menton tout aussi discret à sa comparse, pareillement vêtue. Le conducteur du bus étant dans un état d'ébriété avancé, le bus évoluait dans la ville avec hésitation, nous secouant comme des bouteilles de nitroglycérine que nous n'étions pas. Au cours d'une de ces secousses, sa botte effleure mes zizis, elle sent mon orteil tressaillir sous le cuir et s'excuse d'une moue passe-partout. Une deuxième fois son talon de walkyrie de leader price laissa une marque heureusement délébile sur les zizis susdécrits. Et alors elle prononça cette phrase que j'abhorre et qui signa sa définitive inscription à l'Amicale des Ploucs : je m'excuse. Peut me chaut, péripatéticienne de base, que tu t'excuses toi-même, je n'ai que faire du dialogue merdeux qu'entretient ta conscience si tu en as une avec rien, laisse moi écouter debussy tranquille dans cet immonde bus mais técoutes des trucs normaux aussi ou pas ? et contempler les fashion pétasses exhiber leur goût de chiotte.

LES GRANDES PHRASES DE MARC

Tôt ou tard, tout le monde est amené à aller chez le
coiffeur.



Je suis bien trop fatigué pour faire une révolution

MERCREDI

Sur le chemin du lycée j'aperçois une publicité avec la magnifique Kate pour un rouge à lèvres YSL, publicité magnifique. Seulement Kate est aussi chez Longchamp et ça ça ne va pas du tout du tout hein bon snif et snatch. Je reçois un mail délicieux de Herr Kapellmeister qui m'a trouvé un surnom génial : Karl-Igor. Je rentre en géographie, le professeur murmure grand B : des ressources inégalement réparties. Horreur. Cette phrase prête à prononcer, rabattue de longues et lentes et inutiles années débiles, ce cliché ce déjà vu insupportable qui n'est qu'un témoin du gadget qu'est cette matière de merde s'abat dans le silence temporel de ce cours de merde qu'est la géographie le mercredi. Vous avez un nouveau message. Tu couches avec moi ? Hors de question si seulement tu savais celle qui m'hante et m'aimante tu retirerais ton blouson à nos entrelacs sur tes frêles épaules bafouées et ô mon Proust je m'exprime comme Racine ce connard d'opportuniste à douze pieds. Il s'est vaguement rattrapé quand en français il s'exclama tes chaussettes sont merveilleuses mais je n'oubliai pas sa dégoûtante requête.

HORREUR

Hier soir il y avait sur je ne sais quelle chaîne un film avec NIcole Kidman qui je le rapelle est l'égérie de notre ambassadeur olfactif, le mythique n°5. Spot précédemment blâmé sur cette même page bleue, parce que Debussy est massacré et qu'elle drague un mec vulagire au look d'informaticien des Feux de l'Amour. Bref il y avait ce film et moi j'errais dans notre appartement déserté par mes deuxième et troisième mères, et alors que je posai un regard sur l'écran, horreur une scène de cul inutile si ce n'est à augmenter le nombre de spectateurs bovins. Le beauf en question passait ses protubérances amorphes (©Duchesse) sur la grosse croupe de la blondasse américaine qui a porté nos couleurs. Rien ne va plus faites vos jeux et les jérémiades habituelles sur le déclin du cinéma américain et de la parfumerie française

LUNDI AVEC MARC

Nous avions la prétentieuse impression de deux poètes bohémiens qui fuyaient en Russie, lui sous son chapeau de feutre et dans sa misanthropie étudiée, moi dans ma rougeur vestimentaire et amoureuse. Nos mots n'étaient que lieux communs que c'est beau d'avoir dix•sept ans et plus rien n'étonne de nos jours . Intérieurement je riais de nous mais j'étais fier nous étions beaux et nous allions à Paris, lui a vécu à Tokyo et Miami moi je ne connais que Paris. À un moment nous nous séparâmes, jouant à cache•cache dans Paris. Il arriva le premier. Nous divaguâmes dans un délicieux cadavre exquis.

Les lampadaires
enrouèrent
le jardin
comme par magie

Trois corsaires
pavaient
leur cœur tout entier
d'or

Les clés
laissent peut•être
le vaste horizon
grand comme la mémoire

Les temps modernes
cueillaient
mes nuages
légers

Et puis je continuai seul ce surréalisme travaillé et faussement automatique

c'est comme ça
les couches des oignons
on nomme ces oignons
ils ont de si beaux visages
on va à paris
on the left bank
soudain
le soleil est là
rose et or
on le sent frais et sixième
ça fait des heures qu'il avait disparu
on était seul
et puis il y eut une musique
dure détachée aquatique
riche
nous la buvions à luxueuses lampées
la fin était trop loin maintenant
on aurait le temps de flâner à la poire

SUSPENSIONS


À Constance qui me lit chaque soir dans le bus

CITATIONS MYTHIQUES DE BONNEMAMAN

J'ai bu un verre d'eau...c'est cruel !

La pauvre était tellement moche que je ne l'ai pas reconnue.