DÉSORMAIS MON BLOG CHANGE D'ADRESSE : IL EST LÀ

JE SUIS MALADE

Alors j'ai envie de tout foutre par terre. Mais attention , pas comme dans les clips de rock ou y a des étincelles dans les cheveux du batteur et où ils s'enculent avec des fers à souder à ultrasons. Non, juste prendre quelque chose et le laisser choir, sans se préoccuper de sa chute, ni de la forme qu'elle lui donnera, ni de quoi que ce soit. Lâcher quelque chose par terre parce que j'ai la flemme de ranger les choses.

LUNDI

Je me réveille à quatre heures du matin, le nez en patate, les yeux enfoncés dans le crâne, les lèvres en carton, et la mâchoire rouillée. Qu'à cela ne tienne, allons en cours exhiber mes zizis sous mon vert qui énerve tant le versaillais. Premier cours de latin, j'étais le seul à conjuguer le subjonctif à tous les temps, et aux deux voix. C'est dommage, en hypokhâgne…Philosophie, Nietzsche n'est pas si puissant que ça je l'ai démonté en une question la prof ne savait pas quoi dire je hais cette matière. À la fin du cours, la salle commence à tourner, je lutte pour garder mes paupières ouvertes, une migraine horrible se déclenche. Cantine, le beau gosse me drague de plus en plus, et à chaque fois la caissière m'engueule c'est tout ce que vous p'enez ? Oui. Après on est parti à La Défense, où tout le monde est moche dans des costards mal taillés et dans des tissus grossiers. En arrivant la prof découvre enfin mes chaussures et s'exclame mais c'est génial ces chaussures bleu klein ! Enfin de la couleur sur un homme je les adore ! C'est bien parce qu'elle ne ressemble pas du tout à Kate Moss que je ne l'ai pas embrassé. J'ai fait plein de photos de gratte•ciels, inévitables, et j'étais le seul à reconnaître le pouce de César, pauvres ignorants. Je rentre, je fais la course avec un chat noir qui traverse de droite à gauche et qui n'a pas les yeux de la même couleur.
Et puis après je suis allé chez mon médecin qui a des boutons de manchette jcdc.

LE COLIS

Samedi matin j'étais au Sénat mais ça vous le saviez. Constatant un modeste retour de kopeks dans mon portefeuille je me dis tiens faisons un cadeau à clé made in 75006 sinon ça n'a pas de sens he he. Alors je vais rue de mézières, une qui arrive sur la place saint•sulpice, je trouve marelle, il n'en restait plus qu'un, et là je me dis qu'il serait bon de trouver une poste. Alors j'erre. Et finalement alerte synaptique il y a une poste rue de tournon, dans la triomphale rue de tournon. J'y vais. Le gars s'est foutu de ma gueule quand il a vu que ma main tremblante traçait ton adresse mademoiselle clé.Vous souhaitez ajouter une carte ? une fleur ? Ta gueule. Le livre suffit. En plus il avait l'air complètement bourré. Enfin, le colis est arrivé en quarante huit heures, prouesse postale et tout est bien qui finit bien.

POURQUOI LA RUE SERVANDONI

Bonne question que celle que je viens de soulever. En effet pourquoi elle et pas la Garancière, au nom bien plus apollinarien ? Samedi matin après la rue de Tournon j'ai essayé de comprendre pourquoi la rue Servandoni. Je me suis dit écoutons là et marchons là dans l'autre sens, celui qui descend. Et bien c'est encore plus beau. Je pénétrais dans cette petite ruelle, aux boutiques rares et obscures, LAVIS & ENCADREMENTS, elle ne peut être que noir et que blanc, parce que tout y est gris, c'est un secret MERLIN & ASSOCIES, et je battais de mes talon ha t'as des talons ! ces pavés usés de triomphes intimes et je me suis dit ce qu'il y a de cléïen dans cette rue c'est la beauté négative, celle qui n'a aucune fonction si ce n'est celle d'être parfaite. Car après tout cette rue ne sert à rien, cette petite rue déserte qui se déguise en impasse de temps en temps, elle ne fait que relier un mur à une grille. Le sphynx sulpicien à la grille luxembourgeoise. Elle n'en a pas l'exclusivité, il y en a bien d'autres, en tout cas au moins deux, qui assument avec brio avec qui ? cette tâche. C'est pour ça que je l'aime cette petite rue sonore et inutile. Un jour il faudra que le Yellow Running Elephant ou mon fan club qui agace tant ma mère n°1 descende à mes côtés et en silence cette rue. Et puis après il y aura c'est promis l'immersion sulpicienne. Mais quand mes dix sept ans agoniseront.

C'EST L'AUTOMNE

Et je récite de tête Gui

Automne malade et adoré
Tu mourras quand l'ouragan soufflera dans les roseraies
Quand il aura neigé
Dans les vergers
Pauvre Automne
Meurs en blancheur et en richesse
De neige et de fruits mûrs
Au fond du ciel
Des éperviers planent
Sur les nixes nicettes aux cheveux verts et naines
Aux lisières lointaines
Les cerfs ont bramé

Et que j'aime ô saison que j'aime tes rumeurs
Les fruits qui tombent sans qu'on les cueille
Le vent et la forêt qui pleurent
Toutes leurs larmes en automne feuille à feuille

Les feuilles
Qu'on foule
Un train
Qui roule
La vie
S'écoule



Automne malade, Alcools

HORREUR

Avec ma mère n°1 on parlait de Clémence. L'autre. Pas Clé, mais Clémence, qui est brune aussi, jolie, élégante, mais verlainienne c'est•à•dire classique et trop gentille. Édulcorée. Je crois que maintenant elle est avec Jean•Sol, enfin, dans la classe du dessus. On s'était rencontré plusieurs fois. La deuxième était devant le Portait de Mademoiselle Chanel. Je croyais être amoureux d'elle mais en fait j'étais bien loin de la perfection future. Et puis ma mère a dit voilà une belle clémence, elle est ravissante, bien plus que celle que tu m'as présentée. Ah ? Je vous ai présenté Baudelaire dans le corps de Kate Moss avec un humour glacial et unique ? Vous vous rencontrâtes ? Ce n'est pas ce que j'appelle présenter quelqu'un. Elle s'est simplement pliée, la pauvre, à la Loi du microcosme haï qui consiste à effectuer une brève révérence, signe d'infériorité géographique que l'adulte se plaît à croire comme humilité, oh je ne veux pas devenir adulte je voudrais avoir dix sept ans toute ma vie quel bel âge le seul où l'on ait appris quelque chose disait Proust. Le pire, c'est que cette question est le signe même des suspicions mamesques que je redoute tant. Horreur

FAITES VOS JEUX RIEN NE VA PLUS

Je vais encore chier sur des gens : les chanteurs. J'en ai d'ailleurs déjà parlé. Je feuilletais le figaroSCOPE à la recherche d'expositions regardables, et puis je tourne les feuilles et arrive à la rubrique MUSIQUE. Et là à part Madonna qui se gratte ce que je pense devant des miliers de gens, ce ne sont que des "Un tel chante Brassens", "Un autre chante Brel", "Un autre encore chante Aznavour", etc. Ce qui rejoint mon article précédent, c'est qu'aujourd'hui la chanson francophone est aussi animé que l'encéphalogramme de Nelson Monfort. À part the dø et Justice —qui chantent en anglais— il n'y a plus de compositeurs et interprètes dignes de ce nom. C'est bien triste, comme disait Jean•Sol.